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Gluthation
Difficile de parler immunologie sans aborder le rôle du glutathion (GSH), tripeptide composé de glycine, d'acide glutamique et de cystéine. Il agit comme coenzyme dans les cellules vivantes, intervient dans les réactions d'oxydoréduction et dans le transport des acides aminés. C'est aussi et surtout un anti-oxydant important qui neutralise les radicaux libres et prévient ainsi, entre autres, les risques de cancers et de vieillissement.
Le taux de glutathion diminue inexorablement avec l'âge et sa pénurie dans les cellules est associée à de nombreuses maladies dégénératives incluant le Parkinson, l'Alzheimer, l'artériosclérose, les cataractes, la fibrose kystique, la malnutrition, le vieillissement, le SIDA, et le cancer.
Pourquoi nous intéresser à cette minuscule protéine connue depuis plus d'un siècle ? Parce qu'il existe de nouvelles découvertes sur le rôle que joue le GSH dans la réponse du système immunitaire. Par la fonction thiol (acide aminé contenant du soufre) du radical de la cystéine, le glutathion peut exister sous une forme réduite ou sous une forme oxydée dans laquelle deux molécules de glutathion sont liées par un pont disulfure. La concentration intracellulaire de glutathion (GSH, forme réduite) dépend directement de la présence de glutathion extracellulaire (GSSG, oxydé).
Le maintien de la concentration de glutathion extracellulaire peut empêcher l'apoptose (mort programmée des cellules), particulièrement chez celles qui ne se régénèrent pas comme, par exemple, celles de l'endothélium cornéen dont la destruction provoque la cataracte.
Mais la liste des autres pathologies causées par l'oxydation et la formation de radicaux libres s'allonge :
- altération, voire destruction, des parois des cellules,
- perturbation de la structure de l'ADN qui mène sans doute au cancer,
- maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), dont l'emphysème,
- dissociation des gras et particulièrement du cholestérol LDL qui endommage les artères et cause l'athérosclérose, les maladies cardiaques et l'apoplexie,
- etc.
Un autre antioxydant d'importance, le sélénium, présente des similitudes cliniques avec le GSH. En fait, c'est un composant intégral de l'important enzyme peroxydasique GSH. Pour cette raison, le sélénium pourrait être considéré comme un renforçateur de GSH.
Pendant des années, grâce à nos mécanismes de défense, nous ne succombons pas à l'attaque quotidienne des toxines présentes dans l'alimentation, dans l'air et dans l'eau. Mais, avec l'âge, notre corps peut se trouver accablé par l'ampleur de la tache et peut se mettre à mal fonctionner. Or, il se trouve que le foie et les reins, les deux principaux organes de détoxication et d'élimination, possèdent les plus hauts niveaux de GSH intracellulaire dans le corps. Maintenir un bon niveau de GSH permettra à l'organisme de continuer à neutraliser de nombreuses toxines, par conjugaison ou par élimination. Ce fait n'a été démontré que dans les années 70, alors que le glutathion a été découvert en 1888 par De-Rey-Pailhade.
Nous l'avons vu, le GSH a un rôle essentiel dans le fonctionnement de nos cellules immunitaires. Selon le Dr Gustavo Bounous, l'un des principaux experts en matière de GSH : “La disponibilité du GSH est le facteur qui limite l'activité propre aux lymphocytes”. La saine croissance et une bonne activité des cellules immunitaires dépendent de la disponibilité du GSH. Une diminution expérimentale de GSH a montré une réduction considérable de la capacité des cellules à combattre les éléments pathogènes. Autrement dit, le GSH peut être considéré comme la nourriture du système immunitaire.
Certaines maladies auto-immunes comme l'arthrite rhumatoïde et le lupus, ou même le vieillissement naturel, laissent apparaître un affaiblissement de la réponse aux antigènes de la part des lymphocytes T. Des conditions inflammatoires chroniques ont été associées à de faibles concentrations de GSH dans le sérum sanguin et dans les cellules rouges du sang. Un nombre effrayant d'infections bactériennes résistantes aux antibiotiques, comme la bactérie mangeuse de chair, se sont frayé un chemin dans nos hôpitaux et nos communautés. Certains professionnels de la santé pensent que des virus tels que ceux qui causent le sida et l'hépatite C ne sont que la pointe de l'iceberg et qu'une vague de pathogènes d'un nouveau genre est déjà en route. De vieux ennemis comme la tuberculose, que nous pensions avoir éliminée, reviennent se venger et ne répondent plus du tout aux traitements autrefois efficaces. L'augmentation des niveaux de GSH serait une précaution raisonnable à prendre contre cette éventuelle menace.
Bref, comme a pu le dire le Dr Earl Mindell :
"On ne peut littéralement pas survivre sans ce miraculeux antioxydant"
(What you should know about the super-antioxidant miracle).
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